Compte rendu de la soirée avec Marius Daniel Popescu

Tu ne sais pas encore ce que tu vas écrire, tu ne sais pas si tu vas oser envoyer ce que tu es en train d’écrire. Tu dois dire dans ton annonce que Marius Daniel Popescu est ton invité, que son livre s’appelle « Les couleurs de l’hirondelle ». Tu dois leur dire, à tous les contacts de Tulalu!?, qu’il a prévu aussi de parler de la réalité de la situation des écrivains en Suisse romande, tu te demandes si ça intéresse quelqu’un. Tu dois écrire dans ton annonce que le prochain Tulalu !? est à 20h30 le lundi 6 février, tu dois aussi préciser que c’est au Lausanne Moudon à l’étage, tu aimerais leur dire que c’est une belle salle, et que tu vas avoir plein de bonnes questions, que Laurence Morisot a appris un texte et qu’elle va nous le jouer, que tu as une bonne introduction dans ta tête.

Tu ne l’as pas encore écrite l’introduction que tu as dans la tête, mais tu t’imagines lire ton introduction, tu t’imagines leur raconter que Popescu a été ton premier invité avec son ami et écrivain Dominique Brant, tu t’imagines leur raconter qu’il n’y a eu qu’une personne qui a fait le déplacement pour la première de Tulalu!?. Tu pianotes sur ton ordinateur et tu te rappelles que tu étais découragé, tu te rappelles que Popescu as parlé comme si la salle du Zinéma était remplie. Tu revois les clients du Zinéma qui sortaient des salles à l’entracte de leur film et nous regardaient d’un air curieux, tu revois Popescu remplir la salle de l’entrée à lui tout seul. Tu sais qu’il ne sait pas que c’est grâce à son discours que tu ne t’es jamais découragé, que tu as repassé ses mots en boucle dans ta tête pendant des mois. Il ne sait pas que c’est grâce à cela que Tulalu !? n’a pas disparu et que tu es content de le recevoir lundi prochain…

Tu écris ce texte avec les couleurs de l’hirondelle près de toi, tu écris ce texte avec le « tu » que Popescu utilise dans son livre. Tu le lis encore, tu ne l’as pas encore fini, les phrases du livre ne te quittent pas après l’avoir posé, elles structurent les phrases de ta pensée, même quand tu parles, tu penses que tes phrases sont influencées par le style du livre de Popescu, tu n’aimerais pas dire à tes contacts qu’ils doivent lire Popescu plus qu’un autre, tu veux dire à tes contacts que Popescu est drôle quand il parle littérature, tu ne sais pas ce qu’il va y avoir lundi prochain à la télé, tu sais par contre que Popescu donne envie de lire et qu’après l’avoir écouté la télé est ennuyeuse, après l’avoir écouté parler et après l’avoir lu certains d’entre eux vont acheter un cahier, vont le prendre avec eux, vont à leurs moments perdus essayer d’écrire ce que Popescu écrit. D’autres, après avoir écouté Popescu vont essayer de le ressentir et acheter un livre.

Tu écris, et tu te dis que tu pourrais écrire comme cela des heures durant, tu te dis que personne ne va lire un texte d’annonce qui comporte tellement de phrases, tu te dis que tu t’en fous, car ceux qui n’ont pas le temps de lire un texte n’ont pas non plus le temps de vivre, tu écris cela et tu sais que tu as tort, tu écris cela et tu voudrais déjà te rattraper, tu voudrais leur dire à tes contacts que même s’il n’y a personne tu seras content de voir Popescu remplir la salle tout seul.

Miguel

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