Soirée Tulalu!? du 7 mars avec Virgile Elias Gehrig

 

Parler de ses peines, c’est déjà se consoler.

Albert Camus

Ne pas être seul, c’est envisager l’invisible.

Carole Dubuis

 

Poète, romancier et aphoriste, Virgile Elias Gehrig, 29 ans, a publié trois ouvrages aux éditions l’Age d’Homme. Une trilogie qui contient un roman Pas du tout Venise, un livre d’aphorismes, Soif et vertiges, et un recueil de poésie Par la serrure du jour.

Pour l’auteur, il s’agit d’une véritable de trilogie. S’inspirant de son père littéraire, Albert Camus, Virgile Elias Gehrig convoque plusieurs genres pour enrichir sa quête artistique. Au milieu de ses œuvres, deux thèmes fusionnels qui reviennent comme une obsession : le deuil et le désir. Les lignes de l’auteur sont empreintes de blessures fleuries, de dépressions joyeuses ou de dépouillement baroque. La douleur se transforme en sourire, l’écriture devient matricielle. La vie se nourrit du lait de la mort.

Dans le poème Danser sur ses vestiges, l’auteur encourage à construire le futur sur les souffrances du passé : adieu aux songes décapités sur le billot de l’absolu. Pour le poète valaisan,  nous sommes tous des chagrinés.  En lisant, en écrivant, en existant, la tristesse peut se changer en désir de vivre. Virgile Elias Gehrig le crie haut et fort : Désespérons, vivons, aimons.

Les mots de Virgile Elias Gherig réconfortent et secouent. Ils sont naïfs et cyniques. Sublimes qui, selon la définition, mêlent beauté et effroi. Sa poésie est pleine de sensualité et de pudeur. Ses aphorismes sont emplis de sagesse et de folie. Ils se contredisent sans arrêt, dévalorisant le cérébral au profit de l’expérience. C’est le but de cet ancien étudiant en philosophie, faire réfléchir : aphorisme veut dire « à côté de la définition ». Le but n’est pas de privilégier la raison, mais d’enrichir les points de vue. En effet, les réponses ne se trouvent pas dans la raison, mais dans les sens, soumis aux doutes. L’intelligence, c’est la faculté de comprendre l’autre. J’ai très peu de certitudes, avoue Virgile Elias Gehrig. Les écrivains ne sont-ils pas les amoureux de l’incertitude ? L’écriture recoud le passé, elle n’a pas la prétention de le restituer. La raison doit assumer son échec, tranche l’auteur. La poésie console ce qui reste d’elle.

Aujourd’hui, cet « athée mystique » prône l’écriture comme un « acte de foi ». Virgile Elias Gehrig, c’est avant tout un grand lecteur. Pour lui, la littérature est collective, elle n’est qu’une suite d’œuvres interdépendantes en perpétuelle gestation. Virgile Elias Gehrig est un érudit humble et curieux qui participe, avec talent, à la vaste quête littéraire universelle.

Carole Dubuis

Laurence Morisot, comédienne des soirées Tulalu!? a interprété le poème Je voudrais pas crever de Boris Vian.

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