Tulalu!? du 7 février avec Mary-Anna Barbey

Une écriture qui soigne

« Ecrire, pour mieux se penser et panser le monde qui nous entoure. »

Laurence, comédienne de Tulalu!?

 

« Pionnière ». Le mot est lancé par Miguel, animateur de la soirée Tulalu!? lorsqu’il accueille Mary-Anna Barbey. Il y a trente et un ans, elle est la première à proposer des ateliers d’écriture, pratique plus commune dans son pays d’origine, les Etats-Unis, mais ignorée de la Suisse romande.

Au début, Mary-Anna Barbey est très vite accusée de faire de la « psychothérapie sauvage ». C’est la raison pour laquelle elle tient à présenter l’écriture comme un moyen de se soigner, mais pas comme une psychothérapie: « on va chez un thérapeute pour demander un traitement afin de se soigner et de redevenir « normal » alors que, dans le domaine de l’écriture, on utilise sa maladie pour créer quelque chose qui n’existait pas avant et on ne cherche pas à retourner à la « normale ».

Mary-Anna Barbey a travaillé avec des malades du cancer. « Toute maladie est une fracture d’existence », dit-elle, « on passe dans un no man’s land temporel ». Selon l’auteure, les ateliers d’écriture encourageraient une remise en route des pendules et un espoir d’avenir qui redeviendrait possible. Au-delà de ces cas plus spécifiques, l’écriture serait un moyen de prendre soin de soi-même et des autres. Pour écrire, Nous étions deux coureurs de fond, Mary-Anna Barbey s’est inspirée de la maladie de son époux et du douloureux parcours vers la mort et le deuil. Dans la préface, elle insiste sur le fait qu’elle écrit aussi pour tous ceux qui devront passer par là. Il y a comme un souci préventif dans les oeuvres de Mary-Anna  Barbey, comme une volonté de partager une expérience, transformée par l’écriture, pour tenir compagnie ou rassurer les gens qui pourraient se retrouver dans des situations semblables.

Peut-être qu’il s’agit bel et bien d’un réel désir de partage qui se dégagerait aussi bien de ses livres, de ses ateliers d’écriture et de son implication au planning familial à l’époque ? Des domaines où il serait essentiel de dire ou d’écrire pour communiquer sur des sujets parfois épineux. Le sexe, la mort ou l’alcoolisme d’un parent dans son roman Afrique.

L’écriture de Mary-Anna Barbey a surtout la vocation de se comprendre et de se faire comprendre. Prendre soin de soi-même et « créer quelque chose qu’on est prêts à donner aux autres ». Telles sont les qualités principales de ses oeuvres dont la reine est sans doute la générosité.

Carole Dubuis

 

Ouvrage cité par l’auteure durant la soirée:

La santé totalitaire, de Roland Gori et Marie-José Del Valgo, publié aux éditions Champs d’Essais

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