Michel Viala

Une (plus ou moins) douce folie ordinaire

L’observation terre à terre de la réalité telle qu’elle se déploie au jour le jour, autour de nous, a nourri toute une mouvance littéraire et dramaturgique, dans les années 60-80 du siècle passé, à l’enseigne de ce qu’on a appelé le théâtre du quotidien. A celui-ci se rattachent à l’évidence les pièces de l’auteur genevois Michel Viala, même si celui-ci est l’opposé, par sa personnalité farouchement indépendante, d’un écrivain d’«école». Au reste, le théâtre de Viala conserve toute sa vitalité du fait même qu’il échappe au reflet tautologique d’un réel artificiellement dupliqué et borné (comme si l’imagination, le délire et toute fantaisie ne faisaient pas partie aussi de la réalité) pour basculer à tout moment dans les catégories du tragicomique, de la satire, de l’émotion ou de la (plus ou moins douce) folie.
Un seul exemple: Le Parc (1977), où deux femmes poussant chacune son landau entament, sur un banc, un dialogue à ras la layette. Situation minimaliste, et qui devient immédiatement théâtrale du fait que tout le non-dit ordinaire est balancé par chaque protagoniste au public, et ce sont alors deux entonnoirs existentiels dans lesquels on dévale en riant jaune…
Présenté par Joël Aguet qui rappelle la trajectoire atypique de Michel Viala et son rôle en Suisse romande ou au-delà, le Théâtre incomplet de l’auteur paraît en deux volumes (petites formes dans le premier, grandes distributions dans le second) dans une édition élaborée par Philippe Morand. Fait remarquable et plutôt rare: chaque pièce de Viala se lit «comme un roman»…

JEAN-LOUIS KUFFER, 24 Heures

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