Rencontre « Tulalu !? » avec Blaise Hofmann le 7 décembre 2009 au Ziném

 

Blaise Hofmann entouré des fidèles de "Tulalu!?"

Faire connaissance au travers de la littérature, rien de plus alléchant ! Jusqu’à ce sentiment d’oublier tout ce qu’il y a dans votre assiette tant le débat est passionnant !
Le 7 décembre 2009, selon la tradition de « Tulalu !? », Stéphanie, Miguel et moi avons proposé à l’invité de la soirée – Blaise Hofmann – de venir souper en notre compagnie avant de rejoindre le Zinéma pour notre rendez-vous littéraire mensuel.

Blaise Hofman a étudié les Lettres. Puis, il est parti pour un voyage. Un très long voyage qui a duré un an et demi. Ce parcours à travers le monde l’incite à prendre des notes. « C’est facile d’écrire quand on est en route parce que le voyage appelle les mots » raconte l’auteur âgé de 31 ans. Arrivé dans chaque nouvel endroit, ce sont les repères qui sont en émoi, totalement déstabilisés. L’écriture vient au secours de ce brouillon, lui donne une cohérence. Elle est témoignage de tout ce qu’on découvre et elle est pense-bête de la mémoire. Trop de couleurs, de paysages ou d’anecdotes s’effaceraient si on ne retranscrivait pas le voyage dans un carnet.

Son premier livre « Billet aller simple » raconte ce voyage qui mène à l’écriture. L’auteur utilise ses notes manuscrites, il coupe, colle et arrange ce qu’il a griffonné au fil de son périple dans un récit dont il ne garde finalement qu’un tiers. « Ce qu’on biffe dans un roman en chantier, c’est ce qu’on pourrait lire ailleurs ». « Billet aller simple » est une invitation au voyage. Ce n’est ni un challenge, ni un exotisme, c’est un regard franc sur le monde tel qu’il est. Parmi l’accumulation de détails soumis au gré des pages, le lecteur réinvente son propre parcours. De toute façon, nous avoue Blaise Hofmann, « je ne sais pas écrire des histoires. »

Ne trouvant pas d’éditeur pour ce premier livre, Blaise Hofmann publie à compte d’auteur. Il exerce en parallèle les métiers de journaliste, animateur social et berger. C’est au Salon du livre, alors qu’il travaille pour l’Hebdo, qu’il parviendra finalement à faire publier « Billet aller simple » aux éditions de l’Aire en 2006.

Le livre « Estive », paru en 2007, traite de son expérience de berger et obtient le prix littéraire Bouvier. Durant l’été 2008, Blaise Hofmann repart en voyage, mais cette fois-ci, en tenant un blog qui est publié par 24Heures quotidiennement pour que le lectorat abreuve ces textes de commentaires. Histoire qui a donné naissance à un manuscrit interactif « Notre mer » qui paraît en 2009.

Toujours en 2009, il publie « L’Assoiffée » qui se catégorise comme « le premier roman ». Un livre subtil, inspiré d’un fait divers tragique : une SDF qui se meurt de froid à Lausanne. Puis, il y a déviation. « L’Assoiffée », c’est l’histoire d’une femme qui part se promener à vélo et qui ne revient jamais dans son ancienne vie. Elle roule, enfin libre, jusqu’à Paris. La thématique du voyage est toujours présente dans cette oeuvre, mais de façon plus extrême. Berthe, la protagoniste est soumise à une remise en question totale. Voyage intérieur donc qui est parfois plus difficile que le voyage physique.

Le voyage dans les livres de Blaise Hofmann : une récurrence ? Au début, qu’y avait-il ? Le voyage ou l’écriture ? « L’écriture est venue ensuite, nous dit-il, comme une évidence pour lier la pluralité des soi : celui du voyage et celui du chez-soi. »

Avec « l’Assoiffée », Blaise Hofmann a choisi l’écriture du dedans. Cet intérieur qui migre sans arrêt et qu’il est nécessaire parfois de laisser voyager de peur de devenir un étranger chez soi. « Etre chez soi rend l’écriture plus difficile », mentionne l’auteur. Peut-être parce qu’il faut aller, justement, chercher en nous ce motif de voyage, de motif de dérangement qui nous force, un jour comme Berthe, à partir.
Avec ce conte touchant, l’auteur se met dans le « je » d’une femme qui d’aventure en vagabondage part en quête de son identité profonde. Partir pour écrire ? Est-ce que le voyage mène à soi ? En tous cas, le voyage est intimement lié à la plume.

Voir le site de l’auteur.

Carole Dubuis

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